Vous pouvez réagir à ces comptes rendus en envoyant un courriel ici. Si vous le spécifiez, nous publierons vos commentaires éventuels au bas de cette page. Voir les réactions


Atelier Territoires

15 participants

1. Développer l’e-learning : une nécessité pour nos territoires.

Les participants se sont entendus sur la nécessité de favoriser le développement de l’e-learning sur nos territoires. Sur le plan pédagogique l’e-learning a des vertus, il permet de combiner différents médias et d’accéder à des ressources pédagogiques, matérielles et humaines qui ne sont pas forcément présentes sur le territoire. Sur le plan économique, il peut aider à maintenir des travailleurs sur place en les formant pour mettre à jour leurs savoir-faire, pour acquérir des compétences rares et en leur permettant de s’adapter au changement technologique. L’e-learning n’est pas nécessairement délivré sur le lieu de travail. Il peut être médiatisé dans des centres d’accès à la téléformation. Ces centres parfois gérés en partenariat, participent du développement local et sont aussi, par leurs services et les mises en relation qu’ils permettent, des lieux de soutien aux initiatives locales. Les espaces publics numériques jouent aussi un rôle de sensibilisation des habitants aux usages des TIC. Dans les zones a très faible densité de population ces espaces peuvent être itinérants (cf. l’expérience des Nautibus). Dans tous les cas ces espaces peuvent augmenter la motivation des usagers pour l’utilisation de services distants. Enfin l’e-learning permet à des prestataires de formation auvergnats de proposer leurs services au plan national, voire international.

2. Comment développer l’e-learning sur un territoire ?

2.1 L’infrastructure.

C’est la question de l’infrastructure de télécommunication qui a commencé par se poser, matérialisée dans nos régions par le développement de la couverture ADSL. La mise en place de cette infrastructure est de la responsabilité des politiques. Or les débits disponibles pour nos régions rurales sont (et risquent d’être toujours) inférieurs à ceux utilisables par les habitants des grandes villes (alors que ce sont peut-être justement les régions enclavées qui auraient besoin de plus grands débits). Cependant les participants ont considéré que des avancées importantes avaient déjà été réalisées et que maintenant, l’infrastructure n’était plus un facteur limitant.

2.2 La visibilité de l’offre

Il n’y a pas de politique unifiée autour du e-learning mais plutôt une série d’initiatives. Cela entraîne un problème de visibilité des offres disponibles. Certaines sont cependant répertoriées comme les offres de formation classiques sur le site du Carif Gentiane.

La visibilité de l’offre passe par une conjonction de facteurs : Les OPCA ont un rôle clé à jouer en informant les entreprises qu’elles ont droit au e-learning. Les chambres consulaires doivent aussi s’impliquer dans la diffusion de l’information notamment auprès des TPE.

Il y a un besoin de médiation locale, notamment pour aider les entreprises à formuler leurs besoins. Les communautés de communes apparaissent comme une structure de dimension pertinente pour diffuser l’information sur l’offre (problème cependant des compétences choisies par les communautés de communes) et peut-être pour jouer ce rôle de médiateur.

3. Des questions demeurent

  • Comment sensibiliser les élus au fait que l’e-learning est un facteur de développement ?
  • Quel est le minimum d’infrastructure TIC nécessaire ?
  • L’évaluation des compétences acquises dans un dispositif d’e-learning est-elle différente de l’évaluation dans les dispositifs traditionnels ? Si oui, comment les évaluer ?
  • Comment développer les collaborations entre les différents acteurs et notamment entre les structures privées et publiques ?


Atelier Formation

26 participants

De nombreux participants se sont exprimés sur leur expérience de l’e-learning dans le cadre des projets qu’ils conduisent. Différents constats relevés lors du tour de table :

1. De nombreuses formes d'e-learning semblent émerger

  • de type « bricolage » très inventive, favorisant l’assemblage de nombreux outils (cdrom, dvd, mails, vidéo…).
  • de type « formaté » très structuré avec une approche individualisée des compétences à dispenser.

2. Différentes approches de e-learning sont retenues

  • tout distant.
  • mixte, entre présentiel et distant.

3. Un public spécifique

Pour beaucoup, l'e-learning est destiné à des publics d’un niveau culturel élevé, autonomes, et ayant une réelle motivation. Nous avons pu constater une forte dominante des formations en langues et de celles destinées à des cadres d’entreprise qui ne disposent que de peu de temps pour se former. L’e-learning favorise le traitement des demandes « marginales », nécessitant une réactivité de réponse. A ce jour très peu d’offres et de pratiques à destination des publics de niveau V ou VI.

4. Quelques solutions pour un organisme de formation en insertion

  • Inclure les pratiques des TIC par une démarche de Webquest afin d’initier un départ en stage pratique à l’étranger.
  • Entretenir le contact distant avec les bénéficiaires au moyen du courriel.
  • Accompagner les bénéficiaires dans la constitution d’un rapport de stage depuis l’organisme de formation vers leur site de stage.

5. Tirer les enseignements de l’échec de l’EAO

La formation au poste de travail ne favorise pas l’ouverture sur le monde (contact humain) et limite le partage d’expériences avec des personnes qui auraient les mêmes problèmes. Dans certains cas les outils de type "forum" peuvent pallier ce manque. La formation est souvent perçue comme un moyen de s’échapper de son cadre habituel de travail. L’e-learning ne permet pas toujours cela, ou peut générer cette crainte.

6. E-learning, oui mais comment ?

Tous les participants s’accordent à dire que l'e-learning s'oriente vers des modèles mixtes combinant présentiel et distance. La phase d'apprentissage en entreprise doit être reconnue comme telle par les responsables, chefs de service et direction. La mise en place de dispositifs d'e-learning revêt des formes très différentes, plus ou moins intégrées aux situations de travail, et s'appuyant sur des outils de communication plus ou moins flexibles, plus ou moins globalisants. Les outils nécessaires à l'e-learning varient du mail à l'internet dans sa globalité en passant par les plateformes qui proposent des dispositifs de suivi des apprenants et de gestion des parcours de formation.


Atelier Technologies

14 participants

Pour les différents problèmes posés par l'e-learning, les solutions techniques sont de plus en plus nombreuses. Cette diversité peut apporter de la confusion et de la difficulté dans les choix à prendre. Choisir des outils suffisamment simples permet d'avancer, sans prendre trop de risques. L'expérimentation reste nécessaire, mais il semble que les différents acteurs soient maintenant plus en phase d'implémentation. Les plate-formes de formation « ouvertes » (basées sur des logiciels libres) semblent connaître un certain succès.

Les débuts du e-learning mettaient en avant la technique, au détriment de la pédagogie, parfois sous forme de « mode technologique ». Il semble maintenant que la démarche soit inverse (donc plus logique ?) : pour un besoin pédagogique et un contexte donné, on cherche les solutions techniques capables d'y répondre. La place de l'enseignant est revalorisée, il apporte sa pédagogie et demande à ce que les outils techniques la mette en valeur. Le fait de devoir diffuser ses cours sur une plate-forme est toujours un frein, parce qu'on se révèle au jugement des autres (étudiants et collègues professeurs) et qu'il y a la crainte d'être copié.

La « normalisation » des contenus, notamment par les recommandations SCORM, concerne les acteurs qui mettent en place des plate-formes institutionnelles de grande envergure. L'intérêt est de simplifier le partage et l'acquisition de contenus, et le suivi des activités des apprenants (« traçabilité »). Pour des projets plus modestes des questions demeurent : est-ce bien utile ? est-ce une contrainte rentable ?

La question de la pérennité est posée ? Comment maintenir ou être sûr que des contenus soient à jours. Est-ce que les choix technologiques d'aujourd'hui seront viables longtemps. Plusieurs solutions sont évoquées : faciliter l'accès aux outils d'édition pour inciter à mettre à jour, insister sur des moyens humains, reposer sur des solutions de type « wiki » qui impliquent les consommateurs de contenus dans leur enrichissement. Se pose également le problème de la recherche de contenus adaptés (comment trouver ce dont j'ai besoin).

Les participants de l'atelier reconnaissent que les problèmes techniques de base sont de moins en moins bloquants. Ils existent toujours mais sont facilement contournés par les utilisateurs. L'ordinateur et les infrastructures sont perfectionnés de mois en mois, offrant sans cesse de nouvelles opportunités. L'arrivée de nouvelles générations, plus à l'aise dans la manipulation de l'ordinateur, va permettre de lever certaines contraintes et d'aller plus loin avec moins d'efforts.

L'atelier a mis en lumière la diversité des situations : on ne voit pas l'e-learning de la même façon selon le type de savoir à « e-learniser », selon les apprenants visés, selon le type de structure et les moyens à disposition. Les idées se sont confrontées, et le débat reste largement ouvert sur de nombreux points. Ce qui fait peut-être l'unanimité, c'est le fait qu'apprendre en utilisant l'ordinateur devient une pratique banale, et que les sujets essentiels restent (quelles pédagogies, pour quels savoirs, avec quels individus). Les solutions techniques sont diverses et les facteurs de réussite difficiles à évaluer : ce qui est sûr, c'est que les acteurs concernés sont maintenant dans l'action.



Réactions

Pour réagir.


Bonjour,

On s'étonne (sic) à la lecture du résumé (certes peut-être des points ont été retirés dans cette retraduction) mais où sont passés les formateurs dans le discours ? Pourtant toutes les études sur le e-learning montrent que son développement (territorial, national, international) tient d'abord à la la qualité de ses premiers prescripteurs, ses premiers relais, à savoir les formateurs eux-mêmes. Hors ceux-ci sont, en tout cas dans le compte rendu des ateliers, totalement absents. A tel point que le terme n'est même jamais évoqué...

Je parais choqué, voir étonné, alors qu'au fond je ne le suis point. Au contraire cela renforce ma conviction qui est celle d'une perte totale de l'identité professionnelle de ces acteurs, médiateurs, accompagnateurs, peu importe comment vous souhaitez les appeler. Une preuve flagrante de cet aspect pourrait être celle-ci : il n'existe en France qu'un seul titre professionnel qui valide la compétence d'un formateur. C'est en l'occurence celui de Formateur Professionnel d'Adultes (FPA). Connaissez-vous beaucoup de professionnel(le)s qui le possèdent... Qui plus est même si le référentiel du titre prévoit des compétences à l'usage des TICS dans la pratique, dans la réalité de la formation, les TICs ne sont jamais utilisés. Au mieux passent-ils un Certificat de Navigation sur Internet (NSI) C'est dire la....distance qui sépare encore la réalité du discours ambiant et celle des faits.

Pascal Cheval, rédac Chef des e-cri(t)s de Charlie
E-zine (im)pertinent de veille pédagogiue sur la (e)formation


Bonjour,

Effectivement en lisant les comptes rendus on peut penser que les "formateurs" étaient "totalement absents" de la journée. Serge Pouts-Lajus a quand même beaucoup parlé le matin des personnes qui sont en contact avec les apprenants, comment faudrait-il les appeler je ne sais pas. Est-ce que l'elearning ne devient pas aussi banal que le livre en son temps, et du coup est-ce que le mot "formateur" (qui respecte la casse, tel quel) est l'essentiel. Dans l'atelier que j'ai animé (techno), nous avons forcément parlé de ces "personnes intermédiaires", par exemple en disant que maintenant les demandes de fonctionnalités viennent des utilisateurs (formateurs, enseignants, profs, animateurs, etc, comme on veut). Nous avons parlé des expériences de chacun, sur un laps de temps certainement trop cours. Et tout le monde a été d'accord sur le fait qu'avec l'elearning nous avons affaire à des outils qui ne remplacent pas les hommes qui les entourent et les manipulent, et que les aspects pédagogiques restent plus que présents et éludés. Il y avait d'ailleurs des "formateurs" dans cet atelier, mais nous parlions surtout de notre rapport aux technologies.

Est-ce que la perte d'identité dont vous parlez n'est pas le signe d'un clivage qui disparaît. Du prof de maternelle au prof de fac on peut impliquer l'ordinateur dans sa pratique, en plus du livre, de la cassette, du stylo, la tablette de cire ayant disparu. L'outil est là, comme le marteau, mais la réflexion sur la pédagogie qui va avec n'a pas beaucoup évolué. C'est peut-être là que les e-formateurs "dédiés", et qui le seront de moins en moins, peuvent transférer certaines compétences à ceux qui ne voient en l'elearning qu'un outil de plus à leur mallette.

Jérôme Combaz, CRI